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Décès de Mohamed el Wardi, icône musicale du Soudan

Publié le 20/02/2012 à 07:39 - 67 visites
Source : ennaharonline
Décès de Mohamed el Wardi, icône musicale du Soudan

Le Soudan était en deuil dimanche, après l'annonce de la mort de l'icône musicale Mohamed Wardi,

qui fut détenu en raison de ses opinions gauchistes, et passa des années en exil avant de revenir au pays il y a dix ans. "Mohamed Osman Wardi, le plus grand chanteur du Soudan, est mort dimanche à Khartoum", a annoncé l'agence officielle Suna dans un bref communiqué. Né en 1932, sur l'île de Sawarda dans l'extrême-nord du Soudan, Mohamed Wardi avait commencé à chanter à l'âge de cinq ans. Cinquante ans après la sortie de son premier tube, il avait encore rempli une salle de concert à Khartoum pour un rare concert à l'occasion du ouvel an 2010. Le mouvement de militants politiques Girifna s'est dit "attristé par la mort de l'une des icônes révolutionnaires du Soudan" dans un texte publié sur internet. M. Wardi s'était exilé peu après l'arrivée au pouvoir en 1989 d'Omar el-Béchir, un officier de l'armée toujours à la tête du pays, à l'issue d'un coup d'Etat militaire soutenu par les islamistes. Le chanteur avait rejoint l'Egypte puis Los Angeles afin de recevoir des soins pour des problèmes reinaux. Des dizaines de milliers de Soudanais l'avaient accueilli à l'aéroport lors de son retour en 2002, où il avait réaffirmé ses positions très à gauche, présentes dans ses textes. "Je suis un être humain et tous les êtres humains sont contre la dictature. Je vais continuer à la dénoncer", avait-il affirmé à l'AFP à l'époque. "Le climat n'encourage pas la création. La liberté est essentielle pour que fleurisse l'art", avait-il estimé. Ses positions lui avaient valu de nombreux ennuis. Au début des années 70, il avait même fait 18 mois de prison. Le pouvoir lui reprochait de soutenir les auteurs d'une tentative de coup d'Etat. Il avait ensuite soutenu publiquement le Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), les ex-rebelles sudistes aujourd'hui à la tête du Soudan du Sud indépendant. Ses chansons, en arabe et en dialecte nubien Halfawi, évoquaient tout à la fois le patriotisme et la vie quotidienne sur les bords du Nil. Dans une tribune, le commentateur politique Magdi El Gizouli estime que Mohamed Wardi "va manquer" non seulement au Soudan mais également à toute la région. "Son héritage (...) va bien au-delà de la musique", estime-t-il. Se remémorant les chansons diffusées par haut-parleurs quand il était écolier, M. El Gizouli affirme que les textes de Mohamed Wardi "furent probablement l'armorce de (mon) éducation politique

 

 

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