Recherche

3e séminaire sur l’éthique médicale : La gériatrie, la grande discipline du 21ème siècle

Publié le 31/10/2010 à 08:16 - 845 visites
Source : elmoudjahid
3e séminaire sur l’éthique médicale : La gériatrie, la grande discipline du 21ème siècle

 "La gériatrie est une spécialité encore inexistante en Algérie", a indiqué le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, M. Djamel Ould Abbès

  précisant que l'objectif du séminaire était de "discuter justement des démarches à suivre pour mettre en place cette formation spécialisée".
"Le nombre de personnes âgées dépasse 2.700.000 en Algérie" a souligné le ministre, estimant "indispensable de mettre en place un cadre législatif et structurel pour assurer leur prise en charge.
"Il y a déjà un projet de loi qui réglemente la prise en charge générale des personnes âgées, et ce séminaire vient compléter la reglementation sur le plan médial", a-t-il noté. S'agissant de la non disponibilité de la morphine, il a indiqué qu'une ouverture pour l'approvisionnement en cet anticancéreux sera effective à partir du mois de décembre pour la globalité des officines privées à travers tout le pays. Depuis des années, la morphine n'est disponible que dans deux officines au niveau national, a-t-il rappelé.
"Nous procéderons à la sécurisation des pharmaciens en réintroduisant de nouvelles mesures susceptibles de les couvrir", ajoutant que ce sont les pharmaciens qui refusaient de vendre ce médicament car ils n'étaient pas couverts par l'ancienne réglementation".
Pour sa part, M. Moussa Arrada, doyen de la Faculté de médecine d'Alger et président du Conseil national d'éthique des sciences de la santé, a expliqué que le premier pas consistait à former des spécialistes. La seconde étape, selon le même spécialiste, est de décider de l'endroit de cette prise en charge médicale. "La forte probabilité est de créer des unités spécialisées en gériatrie dans certains hôpitaux", a-t-il avancé, soulignant "que la mise en place d'hôpitaux entièrement spécialisés en gériatrie n'est pas une bonne idée, car de telles structures courent le risque de se transformer en mouroir ou en maison de vieillesse".

“Il faut optimiser la formation des étudiants ainsi que les formateurs de médecine dans le domaine de l’éthique médicale”, a déclaré hier à l’hôtel Sofitel à Alger, le Dr Djamel Ould Abbès, ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, qui a présidé l’ouverture des travaux du 3e séminaire sur l’éthique médicale dont le thème principale est la Gériatrie.
Le ministre a rappelé que la protection des personnes âgées vient d’être renforcée par de nouvelles mesures tendant à assurer une meilleure prise en charge de cette catégorie vulnérable, en vue de lui assurer un meilleur cadre de vie. Ces mesures contenues dans un projet de loi adopté le Conseil des ministres, viennent renforcer l’assise de la politique de solidarité envers cette catégorie vulnérable qui représente aujourd’hui plus de deux millions de personnes et devrait atteindre, selon les prévisions, six millions durant les deux prochaines décennies.
Il s’agit, a priori, de privilégier la prise en charge et la protection d’une catégorie, jusque-là considérée comme le « maillon faible » d’une société en pleine mutation socio-économique.

Un chiffre en constante évolution
Dans cette perspective, il faut noter que les personnes âgées en situation de vulnérabilité bénéficieront de l’assistance de l’Etat, notamment en matière de soins, d’aide sociale et d’activités spécifiques.
Le ministre a indiqué dans cette optique que, l’allongement de l’espérance de vie qui progresse en Algérie, dicte aux pouvoirs publics de renforcer le réseau des centres publics spécialisés de soins et d’accompagnement des personnes âgées, de former en nombre suffisant un personnel d’accueil et de soins de qualité.
Parallèlement à cette série de mesures, un projet de mise en place d’un Conseil national d’évaluation des actions destinées au profit de cette frange de la société, est en cours de préparation au ministère de la Solidarité nationale et de la Famille. Cet organe consultatif devra notamment contribuer à l’identification des éléments déterminant la politique nationale destinée aux personnes âgées. Dans la même optique, un comité national du bien-être des personnes âgées, composé de plusieurs départements ministériels, d’organismes publics et du mouvement associatif, s’est réuni en janvier dernier pour élaborer un plan d’action pour la période 2010-2014 en faveur de cette catégorie de la population.
Ainsi, des services pilotes d’aide, de soutien et d’accompagnement à domicile aux personnes âgées, seront mis en place par l’organisation de rencontres périodiques d’évaluation des actions de prise en charge au niveau des foyers pour cette catégorie, ainsi que pour les personnes handicapées. Parmi les mesures envisagées, figurent également l’organisation d’espaces aménagés au profit des personnes âgées, la promotion d’activités à leur profit et le renforcement des institutions médico-sociales pour l’accompagnement des personnes dépendantes. Grâce aux efforts de sensibilisation consentis par l’Etat en faveur de la réinsertion de cette frange de la société, 45 personnes âgées ont pu réintégrer leur famille en 2009. Durant la même année, l’Etat a alloué une enveloppe financière de 23,8 milliards de dinars au profit de 708.000 personnes démunies bénéficiant de l’allocation forfaitaire de solidarité (AFS), dont plus de 292.000 âgées de 60 ans et plus.Une enveloppe financière de l’ordre de 6,1 milliards de dinars a été, en outre, dégagée au titre des cotisations à la sécurité sociale pour les bénéficiaires de l’AFS et de leurs ayants droit, contre 5,3 milliards de dinars en 2008. Sur le plan infrastructurel, plusieurs mesures ont été élaborées, dont la création à long terme de 32 centres dotés de médecins et de psychologues pour la prise en charge de 2 100 personnes âgées et les aides sociales. L’Etat consacre un montant de 20 000 DA/mois à la prise en charge de chaque personne âgée dans ces centres.

Et les pédagogues ?
Pour sa part le Pr Arrada a expliqué qu’ «il est important d’améliorer les connaissances des enseignants dans le domaine de l’éthique afin d’être en conformité avec les standards internationaux dans le cadre de la formation». Le doyen de la faculté de médecine a longuement insisté sur cette spécialité à savoir la gériatrie qui s’intéresse plus spécifiquement à la santé des personnes âgées (physiologie du vieillissement et maladies des personnes âgées). « La prise en charge des personnes malades en fin de vie est indispensable» ; a-t-il indiqué. Et d’ajouter « une formation d’éthique pour les futurs médecins est extrêmement nécessaire afin d’éviter la douleur et la souffrance aux malades et spécialement les malades du cancer. Ces derniers vivent une solitude qui peut être encore plus nuisible sur leur santé morale ».
Pour leur part les conférenciers nationaux et internationaux ont évoqué le nécessaire accompagnement affectif pour les personnes âgées qui se fait à travers une assistance médicale et surtout familiale. Les intervenants expliquent que «le personnel des lieux de santé qui sont déshumanisés, considère et traite les malades comme des chiffres classés par ordre alphabétique qu’il faut soigner». Il y a comme une déchéance de la personne humaine.
A ce sujet, ils évoquent le rôle des psychologues qui sont souvent marginalisés alors qu’ils ont un rôle très important dans l’accompagnement des personnes en fin de vie».
Sarah SOFI

A lire aussi

Populaire


Algérie Info
Syrie Info
International Info
Sport Info
Algérie Emploi
Vidéos
Météo
Annuaire
2002-2013 Tous droits réservés - Emédia Algérie - A propos - Nous contacter - Nos partenaires